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Feutre : chirdak, ala kiiz


Les Kirghiz, étant un des peuples les plus anciens de l’Asie Centrale, ont commencé à utiliser le feutre aux temps très anciens pour la fabrication de tapis, de couverture pour les yourtes, de vêtements, d’autres objets d'usage courant.

Le climat rigoureux de haute montagne où les Kirghiz vivaient depuis des temps immémoriaux, favorisait le développement ultérieur de la fabrication d’un kiiz simple (tapis en lainage compressé), aussi bien que l’apparition de ses variétés telles que  ala kiiz, chirdak.

Le type de tapis en feutre le plus populaire et le plus répandu est le chirdak fabriqué en techniques de mosaïque. Ce type de tapis est très intensif en main-d'œuvre. Il a un dessin technique compliqué. De plus, il est à remarquer que les chirdaks sont beaucoup plus solides que les ala kiiz. La durée moyenne de la vie d’ala–kiiz est de 20 ans, à peu près, alors que celle de chirdak est de deux fois plus longue. Parfois elle peut atteindre même 100 ans, à condition que le chirdak soit bien entretenu. La femme mettra 2 mois à peu près, à fabriquer un chirdak de taille moyenne. Mais c’est à condition qu’elle ne s’occupe que de la fabrication de celui-ci. Mais habituellement les femmes fabriquent de pareils tapis en équipe (l’ouvrière peut inviter ses parentes pour un travail collectif).

Parmi les objets de ménage kirghiz les chirdaks étaient toujours très appréciés. Toute femme kirghize villageoise croit de son devoir d’offrir au moins un chirdak à chacun de ses fils. En ce qui concerne les jeunes filles, le chirdak est une partie importante de leur dot, qu’elles reçoivent pour leur mariage.

Le procédé de la fabrication de chirdak est très intensif en main-d'œuvre. Pour créer ce type de tapis, l’ouvrière a à fabriquer deux types de feutre : la couche superficielle, fabriquée en feutre mince, composée de parties multicolores cousues ensemble ; la couche sous-jacente, fabriquée en feutre épais, qui est habituellement de couleur noire ou brune.

L’ornement est d’abord appliqué avec la craie sur le feutre mince, puis il est découpé avec un couteau bien affilé. Après cela les morceaux de feutre teint sont rangés de façon à composer un ornement et sont cousus ensemble. Ce qui est particulier, lors de la fabrication de ce tapis, c’est que la superficie de la couche superficielle (ornement) et celle de la couche sous-jacente (fond) sont égales à peu près et se complètent harmonieusement ce qui assure la fabrication de ce genre de tapis sans « déchets ».

Le mot «chirdak » provient de mot « chyryk » ce qui signifie piqûre. Piqûre c’est un des procédés essentiels lors de la fabrication du chirdak et grâce auquel celui-ci reste solide et d’une longue durée. La piqûre répète les contours du dessin ce qui provoque l’apparition de l’ornement à l’intérieur de celui de feutre. En évaluant le chirdak, les experts examinent son envers, pour s’assurer de la qualité de la piqûre, car elle doit être exécutée à travers les deux couches.

La diversité et la richesse de dessins et d’ornements – voilà ce qui est le plus remarquable dans les chirdaks. A présent, grâce à l’influence du progrès moderne sur le design et le choix de couleurs, nous pouvons voir que les artisans utilisent des figures géométriques et des colorants chimiques. Mais le chirdak à l’ornement traditionnel classique a une bordure de deux couleurs de préférence – noire et blanche– qui symbolisent la montagne. Le milieu d’un tel tapis peut avoir des ornements différents. Le chirdak classique a, normalement, les dimensions de 1,5 m sur 3m(à peu près). Ces dimensions sont favorables à la conservation, utilisation, transportation de celui-là. Lors de la fabrication de chirdak classique sont utilisées, normalement, deux couleurs contrastées. Ce peuvent être les couleurs rouge et bleue ou bien verte et rouge.

L’ornement de tapis de feutre inclue le plus souvent les images et les contours de certains animaux, ou bien les parties de leurs corps. Ce peuvent être : les cornes de serf ou de chamois, les serres d’aigle de montagne ou de corbeau, la queue de chien, ou autres. L’ornement impliquait toujours les éléments d’un certain message secret et présentait, en quelque sorte, un message codé destiné à une personne qui devait posséder ce tapis.

ALA KIIZ. Les ala kiiz représentent des tapis en feutre aux ornements roulés dedans. Leurs ornements sont originaux et changent d’une région à une autre. Il existe pourtant un certain nombre d’ornements traditionnels qui sont présents dans tous les (ou presque) ala kiiz. Ce sont « bougou muyuz » (corne de serf), « kiyal » (rêve). Presque toutes les femmes fabriquaient des tapis de ce genre tant pour orner leur logis que pour offrir à des parents, surtout aux jeunes mariés. Les femmes rangeaient leurs nouveaux ala kiiz pliés sur leurs coffres en bois brodés de fer (sandyk) en cause d’un mariage ou quelque autre événement important ou solennel.

Le plus probable est que les ala kiiz ont apparus grâce aux kiiz simples (tapis en lainage compressé) qui étaient utilisés pour couvrir des yourtes. Le feutre simple n’a aucun ornement et il est de couleur blanche ou noire ou grise – selon la couleur naturelle de la laine de brebis.

Bien que les ala kiiz soient plus faciles à fabriquer, ils sont moins attrayants que les chirdaks. C’est pourquoi ils sont à l’usage de tous les jours et pas comme pièces décoratives. Même à nos jours les ala kiiz font partie de la dot de la fiancée.

Les ala kiiz sont très populaires dans la plupart de familles villageoises grâce à la facilité et la vitesse de leur fabrication. Mais ils ont un défaut – ils ne servent pas longtemps (à comparer avec les chirdaks) à leurs maîtres.

Fabrication de l'ala kiiz